Johann BERTRAND DHY
À travers une démarche expérimentale et une pratique du dessin au sens large, Johann Bertrand Dhy travaille autour du langage visuel, de la communication par les signes, des représentations de l’esprit.
À travers une démarche expérimentale et une pratique du dessin au sens large, Johann Bertrand Dhy travaille autour du langage visuel, de la communication par les signes, des représentations de l’esprit.
Puisant dans un imaginaire mêlant art brut, populaire et contemporain, il aime combiner différents vocabulaires visuels, explorant les échanges avec l’invisible, les messages indéchiffrables ou les structures symboliques. Johann travaille principalement par série, et développe une logique propre à chaque nouveau projet. Centré avant tout sur le signe et l’image, il varie supports et médiums, en utilisant le dessin, la peinture, la céramique, la gravure, l’installation, ou l’édition.
Chaque série se présente comme un nouveau langage, l’articulation d’une grammaire formelle traduisant différents systèmes de pensée. L’artiste y développe un principe interne pour tenter la représentation, sans cesse renouvelée, du mystère de l’esprit et de la conscience humaine. Johann Bertrand Dhy est ainsi amené à travailler sur des thématiques aussi différentes que l’écriture musicale, l’interface numérique, la sculpture préhistorique, la valeur monétaire, les objets de culte chrétien.
Les Vermiculures constituent un ensemble de gouaches sur papier explorant les méandres de la mémoire à travers le motif de la grotte artificielle. Le terme vermiculure désigne ces tracés sinueux creusés par les larves d’insectes dans le bois ou l’écorce, labyrinthes organiques qui évoquent autant l’érosion que l’inscription.
Dans cette série, des ambiances de grottes artificielles se mêlent à des fragments de souvenirs et d’images personnelles, créant des espaces composites où se juxtaposent construction et effacement. Ces paysages intérieurs évoquent le double mouvement de la mémoire : son travail d’accumulation et de sédimentation, mais aussi son processus inexorable d’oubli, d’usure et de transformation.
La grotte artificielle devient ici une métaphore puissante : elle figure un espace organique qui a été reconstruit, arrangé, mis en scène. Comme dans un décor de théâtre, ses zones d’ombre sont composées, tout comme nos souvenirs se réorganisent sans cesse, sélectionnant, déformant, occultant.
Cette architecture mentale reflète la manière dont nous habitons notre propre mémoire, entre ce qui affleure à la conscience et ce qui demeure enfoui. Avec les Vermiculures, je poursuis ma volonté de peindre un paysage mental, un instantané de la pensée nécessairement fragmentaire et subjectif. Comme dans le reste de mon travail, il s’agit de donner forme à des systèmes de représentation : ici, la topographie mouvante de la mémoire elle-même.
Chaque gouache tente de fixer un moment de cette géographie intérieure, sachant que toute représentation de l’esprit ne peut être qu’une trace partielle, un relevé incomplet d’un territoire en perpétuelle reconfiguration.
Les vermiculures du bois, comme les galeries souterraines, dessinent des chemins qui sont autant des creusements que des écritures. Elles inscrivent le passage du temps et l’action lente de forces invisibles. C’est dans cet entre-deux — entre trace et effacement, entre construction et ruine, entre mémoire et oubli — que se dessinent ces paysages de l’esprit.



























