Designer français d’héritage arménien, né au Liban et installé à Paris, Charles Kalpakian trace un chemin singulier où forme, mémoire et matérialité s’entrelacent. Il en résulte un langage sculptural, où chaque pièce porte un récit discret de lieux, de structures, d’émotions inscrites dans la forme.
Ses créations se distinguent par la superposition des volumes et l’alternance des textures, à l’équilibre entre abstraction et référence architecturale. Il travaille par contraste lisse et structuré, lumière et ombre pour composer des objets qui semblent respirer, suspendus entre mouvement et immobilité.
Nourri par la géographie et la mémoire personnelle, il réinterprète motifs historiques et figures archétypales à travers une grammaire contemporaine. Entre design de collection et sculpture, ses pièces célèbrent la matérialité et laissent apparaître le temps et le geste, portés par une esthétique singulière et une précision de ligne assumée.
Son travail invite le regard à s’attarder sur les détails. Dans cette grammaire poétique des formes, chaque composition devient un lieu : un espace de réflexion, de présence et de silence.
Nous sommes heureux de vous présenter « Nomade : un voyage chromatique », une exposition de Charles Kalpakian explorant la quête intime et la mémoire collective, à travers un récit visuel poétique. L’artiste designer y présente un livre réalisé avec Grand Royal Studio – Média graphic à Rennes, des impressions fine art issues de dessins préparatoires et de textures photographiques, des lithographies préparées au Musée de l’Imprimerie à Nantes, ainsi que des pièces en céramique en collaboration avec Caroline Barbary, céramiste – maquettiste installée à Marseille.
Entre minimalisme géométrique et textures architecturales, ce parcours devient métaphore de la transformation, de la stratification historique du Liban et de la reconquête de soi, où un enfant-nomade devient le fil conducteur d’une odyssée chromatique de l’obscurité à la lumière.
Nomade : un voyage chromatique explore l’articulation entre identité personnelle et mémoire collective par une dramaturgie de la lumière, du grain et de la stratification. Le récit suit un enfant – un nomade – dans un Beyrouth post-guerre : une ville qui se pense autant qu’elle se voit. Au sol, une ligne qui transforme l’espace en écriture. L’architecture devient calligraphie urbaine : masses et interstices, pleins et vides. Le grain constitue la matière première du projet. Grain photographique, grain de sable, poussières prises dans les faisceaux, autant de particules-mémoire qui donnent corps au temps. Le grain n’est pas simple texture ; il est le sismographe du récit, il fait vibrer les images et relie l’intime au géologique, la peau à la pierre.






















































